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Nigeria, l’inflation terrasse les consommateurs In RFI


Au Nigeria, l’inflation a atteint les 12.82 % au mois de juin, son niveau le plus élevé depuis
plus de deux ans. Le secteur de l’alimentation est particulièrement concerné, avec une
augmentation de plus de 15 % des prix de la nourriture dans le pays. La chute des
importations durant la période de confinement est une des causes de l’inflation, mais les
prix ont commencé à augmenter avant même la crise.
Sur le petit stand de Boniface, du riz, des céréales, et de la semoule de manioc sont disposés
dans des paniers. Depuis plusieurs semaines, ce vendeur du marché d’Obalende, a vu les prix
de ces denrées augmenter significativement. « Les prix sur le marché ont vraiment
augmenté. Avant le coronavirus, je pense qu’un sac de riz coutait environ 33 euros… Mais

maintenant on l’achète 52 euros. Et moi je ne peux pas payer plus cher et revendre au
même prix qu’avant ! Je dois faire du bénéfice. »
Un peu plus loin, Papa fait le même constat. Le jeune homme de 26 ans vend des poulets,
élevés dans la ferme familiale à quelques heures de route de Lagos. Selon lui, un poulet se
négociait environ 4 euros en janvier…il faut désormais débourser 5 euros 50 pour acheter
une volaille. « Nos dépenses ont vraiment augmenté parce que nous avons du mal à nourrir
nos poulets. La nourriture coûte vraiment cher, mais évidemment, nous ne pouvons pas y
couper, nous n’allons pas laisser mourir nos volailles. Nous achetons la même chose
qu’avant, mais les compagnies qui produisent du maïs tournent au ralenti et donc les prix
sont plus élevés. »
Aux restrictions de circulation s’ajoutent une directive de la banque centrale du Nigeria, qui
limite depuis peu les importations de maïs, afin d’encourager la production locale. Résultat :
le maïs qui sert à l’alimentation des poulets se fait rare et coûte plus cher. Une situation
« transitoire » selon le Président Muhammadu Buhari, qui a décidé de fournir 30 000 tonnes
de maïs aux producteurs de volailles. Mais l’économiste Michael Famaroti rappelle que
l’inflation a été constante ces derniers mois, bien avant la crise du coronavirus.
« Pour moi, la genèse de l’inflation actuelle, c’était il y a un an, quand le président a décidé
de fermer la frontière terrestre du Nigeria avec le Bénin, pour essayer de lutter contre la
contrebande. A partir de ce moment-là, il est devenu plus difficile d’importer de la
nourriture dans le pays. Evidemment, le coronavirus a compliqué la vie des agriculteurs, et a
rendu plus difficile l’approvisionnement des marchés. Enfin, il y a la question des devises. Le
Nigeria importe beaucoup de nourriture et de matières premières. Or, ces six derniers mois,
le naira s’est effondré face au dollar. »

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