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Les trois maux de l’économie nationale: Déficit budgétaire, dettes internes et train de vie de l’Etat

 

Dix mois après les premières mesures sanitaires anti Covid-19, le gouvernement n’a toujours pas présenté de plan de relance économique, ni tenu la promesse d’une réduction de 50% des dépenses. L’exercice se réduit à gérer la répartition de la rente pétrolière dont les recettes ont fortement reculé.

Plus de six mois après sa nomination, le ministre des Finances n’a toujours pas présenté de plan détaillé sur les ressources que le gouvernement compte mobiliser pour financer l’important déficit budgétaire attendu en 2021. Selon les données de la loi de finances pour l’année 2021, le déficit dépasserait les 2 786 milliards de dollars (21 milliards de dollars) et pourrait atteindre, en cas d’utilisation de la provision (Autorisation de programme) dotée de 1 882 milliards de dinars (14 milliards de dollars), plus de 4 668 milliards de dinars (35 milliards de dollars) !

Le gouvernement ayant élaboré la loi de finances pour 2021 sur la base d’une prévision de 5 328 milliards de dinars (40 milliards de dollars) de recettes pour près de 8 114 milliards de dinars de dépenses (61 milliards de dollars) de fonctionnement et d’équipements.

Les recettes ayant baissé de 15% par rapport à 2020, le gouvernement, sans vision ni plan de relance, n’a eu pour seul choix que celui de laisser filer le déficit, dans l’espoir que les prix du baril remontent assez vite. En parallèle, il pressa une Banque d’Algérie acquise à déprécier fortement la monnaie nationale afin de réduire les importations tout en augmentant les recettes douanières.

Refusant de recourir à l’endettement extérieur ou à l’instrument du «financement non conventionnel», mis en place par Ouyahia en 2017, le gouvernement a préféré user des jeux d’écritures pour maintenir le train de vie de l’Etat loin de la transparence qu’il s’est promis d’appliquer.

L’Algérie se retrouve sans plan de relance économique et avec des indicateurs au rouge : un déficit budgétaire de 4 668 milliards de dinars, un compte débiteur du Trésor (financement non conventionnel) de 6 556,2 milliards de dinars, ainsi que des milliards de dinars de dettes au titre de la prise en charge des dettes des entreprises publiques. Soit une situation négative de 11 224,2 milliards de dinars (84,4 milliards de dollars), sans compte les dettes des entreprises publiques dont les chiffres ne sont pas disponibles.

Quant à la répartition de la richesse qu’on ne possède qu’à moitié, globalement la hausse des crédits ouverts au titre du budget de fonctionnement pour 2021 est de 5% par rapport à 2020. Sept départements ministériels voient toutefois leurs dépenses croitre plus que la moyenne, avec une palme pour le ministère de la Solidarité dont le budget a augmenté de 61%, suivi par le ministère de l’Intérieur (+29%), la Présidence (+11%), les Affaires religieuses ainsi que l’Habitat (+8%), la Justice et l’Education nationale (+6%).

A contrario, le budget du ministère du Travail et de la sécurité sociale accuse un recul de 17%, et celui du Commerce -7%. Les départements ministériels en relation avec une relance économique ont tous vu leurs budgets régresser. Le budget de la Défense, bien qu’il paraisse constant (+0,03%) est une victime collatérale de la forte dépréciation du dinar durant 2020. Si on le convertit en dollars US, le budget montre alors un recul de 10% passant de 10,3 milliards de dollars à 9,25 milliards de dollars.

Par Larbi Ghazala

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