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CNUCED : le commerce mondial du plastique dépasse de 40 % les évaluations précédentes

En s’appuyant sur une nouvelle base de données pertinente (mars 2021) qui suit et retrace le cycle de vie du plastique, la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) indique aux pays où ils peuvent faire pression dans le champ des politiques commerciales pour réduire la pollution.

1 000 milliards de dollars par an : c’est le montant colossal du commerce mondial des plastiques, soit 5 % du commerce global de marchandises. Ce chiffre est supérieur de 40 % aux évaluations précédentes et concerne pratiquement tous les pays.

De nouvelles informations sur la part considérable que représentent les plastiques dans le commerce mondial sont apparues dans un nouveau document de recherche de la CNUCED, « Global trade in plastics : insights from the first life-cycle trade database ».

C’est la première étude qui tente de cartographier et de quantifier les flux commerciaux mondiaux sur l’ensemble du cycle de vie des plastiques – des matières premières aux produits finaux puis aux déchets. Elle utilise un nouveau prototype de base de données sur le cycle de vie, en cours de développement par la CNUCED avec le Graduate Institute à Genève.

« Notre étude porte sur les flux commerciaux, massifs, généralement non pris en compte dans les efforts déployés pour évaluer l’ampleur du commerce des plastiques », a déclaré Diana Barrowclough, économiste à la CNUCED et co-auteur de cette étude. « Cette approche nous a permis de mieux estimer l’échelle, l’amplitude et la complexité extraordinaires de ces flux commerciaux.

Elle pourrait transformer radicalement notre manière de conduire nos futures analyses. » La grande valeur de ce secteur est une aubaine pour ceux qui y participent, mais elle va à l’encontre des efforts déployés dans le monde pour réduire les déchets plastiques.

Pourquoi une approche axée sur le cycle de vie ?

L’approche axée sur le cycle de vie permet de mieux comprendre ce commerce global complexe et diversifié, qu’il s’agisse du commerce des intrants de combustibles fossiles et des polymères plastiques vierges sous forme de pastilles de résine ou de fibres, ou de produits, d’emballages et finalement de déchets.

« Cette étude peut aider les efforts des gouvernements, du secteur privé et de la société civile mobilisés vers une réduction de la pollution par les plastiques », a déclaré Mme Barrowclough. « Elle peut promouvoir le passage à une production, une consommation et un commerce plus durables des plastiques et des produits de la pétrochimie, tous essentiels à la réalisation des objectifs de décarbonisation vers une nouvelle donne écologique mondiale ».

Et d’ajouter que les décideurs politiques peuvent utiliser les résultats de cette étude afin d’identifier les réglementations et les outils permettant de transformer le commerce et la production autour de pratiques plus durables.

Réduire le commerce mondial des plastiques

Les formes primaires de plastiques représentent la part la plus importante des échanges en volume (56%), suivies par les formes intermédiaires (11%), les produits intermédiaires (5%), les produits manufacturés finaux (21%) et les déchets (2%).Pour certaines matières plastiques, comme les textiles synthétiques et les pneus en caoutchouc, jusqu’à 60 % du volume de leur production globale s’échangent au niveau international.

En 2018, le commerce des matières plastiques de première fusion s’élevait à 348 milliards de dollars pour quelque 196 millions de tonnes métriques, soit près de 45 % de la production global de plastiques primaires. Pour les autres catégories, le commerce est moins important, une plus grande part étant produite et consommée au niveau national.

De nombreux pays sont actifs sur ce marché. « Pratiquement tous les pays sont importateurs de plastique sous une forme ou sous une autre, et beaucoup sont également exportateurs », déclare Carolyn Deere Birkbeck, chercheuse à l’Institut des hautes études et co-auteur de l’étude. Pour de nombreux pays, le volume des échanges de déchets plastiques dépasse la capacité déjà très importante de gestion des déchets.

La plupart des produits en plastique qui passent les frontières finissent par s’ajouter au flux croissant de déchets plastiques auquel de nombreux gouvernements doivent faire face.

La participation nationale au commerce des plastiques dépend de la nature des économies. « Pour certains pays, le commerce des plastiques fait partie d’une stratégie plus large de diversification économique », a déclaré Mme Birkbeck. Par exemple, les emballages en plastique sont au centre des efforts menés par certains pays en développement pour valoriser leurs exportations agricoles.

« En parallèle, certains pays parmi les plus touchés par la pollution plastique sont aussi ceux qui contribuent le moins à sa production, sa consommation et son commerce. C’est le cas en particulier les petits États insulaires en développement », a ajouté Mme Birkbeck.

Les plus grands exportateurs de plastiques

Selon l’étude, les États-Unis, l’Union européenne (UE), l’Arabie Saoudite et la Corée du Sud sont les plus grands exportateurs de matières plastiques de première fusion. La Chine est le premier exportateur de produits manufacturés intermédiaires et finaux dérivés, y compris de textiles synthétiques et d’emballages plastiques vides.

Elle est également le principal importateur de plastiques primaires. L’UE, l’Allemagne en particulier, et les États-Unis sont fortement présents en tant qu’importateurs et exportateurs de produits situés tout au long du cycle de vie du plastique.

« D’autres pays ne sont des acteurs mondiaux de premier plan que sur certaines parties du cycle de vie du plastique ou sur des secteurs spécifiques », a déclaré Julien Christen, chercheur associé au Graduate Institute et co-auteur de l’étude.

Par exemple, l’Indonésie fait partie des 20 premiers exportateurs en volume de produits plastiques manufacturés intermédiaires, de textiles synthétiques et d’additifs pouvant être utilisés dans la production de plastique. Le Vietnam figure parmi les cinq premiers exportateurs d’emballages plastiques vides ainsi que sur la liste des dix premiers exportateurs de produits manufacturés finaux. Il est également listé parmi les cinq premiers exportateurs de textiles synthétiques en volume.

Une base de données évolutive

La base de données est continuellement révisée. La publication des premiers résultats de l’étude vise à stimuler la discussion qui permettra de l’affiner, affirment les coauteurs. Néanmoins, cette base de données est un prototype fournissant une image incomplète en raison des défis méthodologiques que pose la quantification du volume et de la valeur des plastiques « cachés » dans les produits commercialisés au niveau international.

Par exemple, les plastiques sont largement utilisés dans les produits préemballés et intégrés dans les biens de consommation et les biens ménagers commercialisés au niveau international. Ces flux commerciaux « cachés » n’étant pas encore pris en compte, des travaux sont en cours pour compléter la base de données, si possible avant fin 2021.

Une fois finalisée, la base de données sur les plastiques sera gratuitement mise à disposition des utilisateurs dans la base de données statistiques de la CNUCED.

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