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Huile de table : Rebrab veut rassurer mais ne convainc personne

Le président-directeur général (P-DG) du Groupe Cevital, Issad Rebrab, a déclaré lundi 22 mars à Alger sur la « disponibilité » des stocks d’huile de table, réfutant toute pénurie de ce produit alors que les ménages semblent avoir oublié l’existence même de ce corps gras incontournable dans la préparation des mets.

Dans une déclaration à la presse, en marge des Portes ouvertes sur l’exportation organisées par le ministère du Commerce, Rebrab a affirmé que Cevital, qui est pratiquement en position de monopole dans la production d’huile de table, que son groupe « met sur le marché national l’équivalent de 1.600 tonnes d’huile de table par jour ». « Nos stocks sont pleins » et « notre production n’a pas baissé malgré l’augmentation des prix des matières premières au niveau international », a-t-il souligné.

Pour Rebrab, le problème ne réside pas à son niveau mais à la chaine de distribution, c’est-à-dire le grossiste et l’épicier du coin. « La problématique se pose au niveau de la distribution sur laquelle le groupe n’a pas d’emprise ». Autrement dit la balle est chez l’épicier et le grossiste du coin et par extension le mnistère du Commerce, qui seraient à ses yeux les seuls responbales de cette triste situation.

Une situation qui nous rappelle celle qui a eu lieu en 2012 qui avait abouti à des largesses fiscales, mais surtout à une « transformation » d’un bidon d’huile de 5 litres en un bidon de 4 litres d’une huile moins visqueuse.

Pour les Algériens le problème se trouve à la source, en amont, au niveau des producteurs et non pas en aval. « Rebrab dit que l’huile coule à flot alors que je n’ai pas un centilitre d’huile chez moi. J’utilise de la graisse animale pour mes plats. Chose jamais connue en Algérie sauf en 2012 », s’élève une mère de famille qui ne comprend pas les propos du patron de Cevital. « Rebrab nous dit que l’huile dépasse la demande alors que je suis réduite à bouillir des œufs pour mes enfants », enchaine dépitée une autre mère de famille.

Contacté par Algérie Invest, le président de l’Association nationale des commerçants algériens (ANCA), M. Hadj Tahar Boulenouar tient à « disculper » le commerçant et le grossiste en nous confiant : « Le détaillant et le grossiste ne sont responsables, ni de près ni de loin, de cette situation dramatique qui pénalise nos ménages. On ne peut en vouloir à l’épicier qui gagne quelques milliers de dinars par jour et qui a fortement souffert par les hausses des prix et la pandémie.

« Il est clair que ce sont les producteurs notamment ceux qui détiennent la plus grosse part du marché qui sont derrière cette triste pénurie ». Et d’ajouter l’air interrogatif : « Comment une pénurie de ce produit stratégique puisse perdurer alors que le producteur assure lui-même la distribution ?! ».

De son côté, Dr Mustapha Zebdi, président de l’Association de la protection des consommateurs, contacté par nos soins, nous a « promis » de réagir dès qu’il aura « étudié le dossier ». Algérie Invest attend toujours la réaction de cette organisation non gouvernementale.

Cependant, les analystes n’omettent pas de soulever la question du            « monopole » sur les produits stratégiques tels le sucre, l’huile et même les médicaments… « alors que c’est à l’Etat d’assurer cette mission d’importance nationale. On ne peut laisser un produit telle que l’huile aux mains d’une entreprise privée. Sinon, l’Etat doit subdiviser les parts du marché en parts égales. Cela se passe même aux Etats-Unis d’Amérique».

Djamel Zerrouk

 

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