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M. Mehdi Zakaria, fondateur et président de l’Africain Cyber Security Summit (ACSS): «Porter haut et fort la voix de l’Algérie en matière de cybersécurité»

Un sommet africain sur la cybersécurité aura lieu à Alger, les 16 et 17 novembre prochain. Il porte le nom d’Africain Cyber Security Summit (ACSS). Son fondateur et président, M. Mehdi Zakaria, nous explique les objectifs de cette manifestation qui, tient-il à préciser, est à sa troisième édition. Il nous parle aussi de son impact au niveau africain et au sein de l’entreprise même.

Entretien réalisé par : Hakima Laouli

Algerieinvest : Une édition de l’Africain Cyber Security Summit (ACSS) aura lieu à Alger, en novembre prochain. Quelle est l’opportunité de son organisation ?

M. Mehdi Zakaria : C’est notre troisième édition. L’ACSS est un sommet africain sur les questions de confiance et de sécurité numériques. L’objectif est de porter haut et fort la voix de l’Algérie en matière de cybersécurité aux niveaux régional et international. Ce sujet de cybersécurité doit devenir un sujet souverain pour le citoyen aussi bien que pour l’entreprise et pour l’Etat algérien. 1000 participants y sont attendus, représentant 60 pays africains et autres. Il y aura également la présence de 100 partenaires. Les conférences sont au nombre de 10, les ateliers techniques, une centaine. Cela, en plus 6 panels.

Quelles sont les nouveautés par rapport aux deux éditions précédentes?

Nous en avons trois. La première en est le baromètre 2022. C’est une étude de maturité des entreprises algériennes en matière de cybersécurité. Voir où nous nous retrouvons en tant que citoyens, entreprises mais aussi en tant que pays dans ce domaine de la cybersécurité.

La deuxième est le challenge ACSS. Des équipes de hackers éthiques s’affronteront durant 24 heures pour remporter le prix. Les épreuves porteront sur plusieurs domaines : cryptographie, Reverse Engineering, recherche de vulnérabilité et autres.

En dernier, nous avons le Village Startup pour faire émerger l’innovation en matière de cybersécurité. Pour avoir une cybersécurité souveraine, nous devons être en capacité de développer quelques solutions qui permettent de protéger certaines parties du numérique. On espère, avec ce village africain, porter l’innovation et intéresser l’entrepreneur et le jeune algérien, dans ce domaine de cybersécurité.

Quels sont vos partenaires ?

Nous avons signé avec la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) et le Syndicat national du Patronat citoyen du numérique (SNPCN). Nous allons faire des demandes de parrainage aux différents ministères de souveraineté (Défense nationale, Intérieur et Collectivités locales, Justice, Poste et Télécommunications, ministère chargé des Startups…etc). Ces ministères doivent porter l’ACSS pour qu’on ait, encore une fois, une voix au niveau international.

Nous sommes aussi sur des partenariats avec les constructeurs et les éditeurs de la cybersécurité, essentiellement des éditeurs américains et européens.

Ce ne sera pas donc qu’un sommet africain ?

C’est un évènement africain par rapport à ce qu’on veut démontrer : notre position de leader dans le domaine de la cybersécurité en Afrique. Nous souhaitons toutefois inviter d’autres pays du monde dont des pays amis de l’Algérie.

L’Algérie leader dans le domaine de la cybersécurité enAfrique, a-t-elle les moyens et le potentiel requis pour prétendre à cette place ?

J’en suis convaincu. Les africains viennent se former dans nos écoles d’informatique. Dans nos écoles de sécurité, nous avons des masters en cybersécurité. Beaucoup d’africains pensent que l’Algérie peut les former dans ce domaine.

Aussi, nous avons des experts internationaux. Des algériens qui résident dans le pays et/ou à l’étranger. Il faut attirer cette diaspora. L’ACSS œuvre dans ce sens.

Autre chose, nos partenaires africains nous demandent de l’aide. Ils nous demandent de les accompagner en matière de cybersécurité. Notre pays va le faire.

En votre qualité de spécialiste en cybersécurité, quel constat faites-vous de la mobilisation des entreprises algériennes contre ce fléau de cybersécurité ?

Ni excellent ni mauvais. Nous avons un cadre règlementaire qui est impressionnant. Depuis 20 ans, il y a un certain nombre de textes de loi dans les domaines de la confiance numérique, la lutte contre la cybercriminalité et la protection des données à caractère personnelle. Ce cadre règlementaire est méconnu par les principaux acteurs, à savoir les entreprises et le citoyen.

Que faudrait-il faire pour y remédier ?

Il y a plusieurs actions à entreprendre. En premier, l’éducation. J’en ai parlé à l’APN, le 6 juin dernier. L’une de mes recommandations est de pouvoir inscrire, dès la première année primaire, voire dès le préscolaire, cette notion de sécurité numérique. Et que cette dernière puisse accompagner nos enfants jusqu’à l’université. C’est une des voies qui vont nous permettre à la fois de nous affirmer sur ce sujet et surtout protéger notre économie. Il faut vraiment qu’on mette le paquet sur l’éducation.

Et l’entreprise elle-même ?

Former les salariés, toutes activités confondues. Tous les acteurs du pays, qu’ils soient du public ou du privé, qu’ils soient institutionnels ou du mouvement associatif, doivent mettre cette notion de cybersécurité comme étant un élément stratégique de la gouvernance, que ce soit de l’entreprise ou de l’institution.

H. L.

North Africa Energy & Hydrogen Exhibition and Conference
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