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Huile d’olive : Avec 100 mille tonnes, l’Algérie au bas du tableau méditerranéen

L’olivier est l’un des arbres fruitiers des plus anciens en Algérie, notamment en Kabylie et dans les Aurès où il continue à gratifier de ses huiles depuis des millénaires. Pourtant, malgré la superficie qui lui est consacrée (près de 500 mille hectares), l’Algérie reste au bas du tableau des pays producteurs d’huile d’olive du pourtour méditerranéen. Avec 100 mille tonnes (82 mille tonnes selon les statistiques de l’UE), notre filière oléicole peine toujours à rejoindre le premier carré des gros producteurs comme l’Espagne, l’Italie, la Tunisie et le Maroc.   

La production d’olives a atteint 10 millions de quintaux durant la campagne 2019-2020 contre 8,6 millions de quintaux durant la précédente campagne, selon le ministre de l’Agriculture qui communiquait ces chiffres lors d’une visite à l’institut de l’arboriculture et de la vigne (ITAFV). Les experts parlent d’une production « à peine suffisante pour la consommation locale ». Cependant, cette production est appelée à augmenter sensiblement d’autant plus que des milliers d’hectares ont été affectés ces dernières années dans les wilayas des hauts plateaux et du sud.

En effet, les wilayas de Djefla, M’Sila, Biskra, Oued Souf et Ghardaia, pour ne citer que ces régions, attirent de plus en plus d’investisseurs agricoles dans l’oléiculture. Seulement les initiatives ne sont pas toujours accompagnées par les pouvoirs publics alors que des organismes censés suivre la filière « pas à pas » sont légion. On peut citer le Conseil national interprofessionnel de la filière oléicole (CNIFO), le véritable gardien du temple mais qui, hélas, n’est pas toujours présent sur le terrain.

Un agriculteur qui gère une oliveraie en Kabylie estime que notre pays ne devrait pas être classé au bas de la liste. Après l’Espagne (1.230.000 tonnes), Italie (322.000 tonnes), Tunisie (350.000 tonnes), Grèce (300.000 tonnes), Turquie (225.000), Maroc 145.000 tonnes), Portugal (120.000 tonnes), Algérie (82.000 tonnes). Ces chiffres sont communiqués par l’Union européenne pour la campagne 2019/2020.

Dans la perspective d’exporter, la filière algérienne a déjà réalisé une feuille de route, dans une première phase, pour permettre à l’huile d’olive de la région de « Sig » à Mascara de se placer sur le marché international. Pour le ministère de l’Agriculture, la diversité qui caractérise notre pays en matière de production d’huile d’olive mérite une bonne commercialisation, « en soumettant les différents échantillons aux analyses chimiques nécessaires et en procédant à un travail d’évaluation pour moderniser la filière », estime-t-on à la tutelle.

Mais faudrait-il attendre encore plusieurs années pour voir « la feuille de route sectorielle 2024-2030 » aboutir aux prévisions escomptés. Combien produira l’Algérie d’huile d’olive en 2030 ? Selon des statistiques récentes, les espaces réservés aux oliviers sont passés de 168.000 ha en 2000 à quelque 480.000 ha lors de la saison 2018/2019, soit une augmentation de 160%.

La production nationale des olives a atteint, durant la saison 2019/2020, environ 10.380.000 quintaux, contre 8.687.000 quintaux l’année dernière, soit + 65% de production d’huile d’olive. Si la superficie aura doublé d’ici la prochaine décennie, le pays devrait produire pas moins de 20.000.000 de qx soit 200.000 tonnes qui lui permettra de prendre une longueur d’avance sur les pays voisins, voire égaler la production turque qui est actuellement à 225.000 tonnes. Est-ce dans nos cordes ?

Djamel Zerrouk

 

 

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