ActualitésNationaleStart UP
A la Une

Réforme des Assurances en Algérie : vers une diversification et une inclusion financière accrue

La nouvelle loi consacre la vente en ligne des produits d’assurance

Le marché algérien des assurances est dominé par l’assurance dommage qui représente 89 % du chiffre d’affaires du secteur contre 11 % pour l’assurance de personne. L’avant-projet de loi sur les assurances en voie d’adoption par le gouvernement vise justement à élargir la part d’autres branches du secteur des assurances.

Par Khaled Remouche

Le marché national des assurances connaît une croissance positive depuis une décennie : 4% en moyenne par an. Mais son talon d’Achille est le taux de pénétration qui reste très faible : 1%. C’est ce qui ressort de la présentation du secteur des assurances par Kamel Marami, Directeur des assurances à la Direction Générale du Trésor, au cours de la journée sur la modernisation du Trésor public, tenue récemment à Alger.

Cet exposé présente les caractéristiques du marché algérien des assurances. Première caractéristique : la prédominance des assurances dommages sur le marché. « En 2023, le secteur des assurances a réalisé un chiffre d’affaires de 162 milliards de dinars, réparti entre les assurances dommage et les assurances de personne. Les assurances dommage représentent environ 89% du chiffre d’affaires avec un montant de 154 milliards de dinars et les assurances de personne une part de 11% qui représente 18 milliards de dinars. Pour la période 2013-2023, le marché des assurances a connu une évolution moyenne de 4%. Le marché a progressé de 114 milliards de dinars en 2013 à 162 milliards de dinars en 2023 », précise Kamel Marami.

Seconde caractéristique : le secteur des assurances reste marqué par un taux de pénétration faible qui ne dépasse pas les 1%. « Cela reflète des marges de progression et d’expansion importantes », a souligné le Directeur des assurances. Principale caractéristique du marché des assurances : il est ouvert à la concurrence. « L’ouverture date de 1995, c’est-à-dire depuis 30 ans. Elle est à la faveur de l’ordonnance numéro 95-07 de janvier 1995 relative aux assurances. Cette ordonnance a supprimé le monopole de l’État sur les activités des assurances. Elle a permis l’installation de nouvelles sociétés d’assurance publiques ou privées en matière d’assurance. En 1995, il existait six compagnies. Actuellement, le marché des assurances compte 25 sociétés d’assurance », a indiqué le Directeur des assurances à la Direction Générale du Trésor. Autre caractéristique : le marché algérien est un marché diversifié. « Cette diversification apparaît à trois niveaux : le premier niveau, c’est le type d’activité. Le deuxième niveau c’est le statut de chaque société. Le troisième niveau est le réseau de distribution. Concernant le type d’activité, le marché des assurances, à travers les 25 sociétés qui activent, est réparti entre 11 sociétés d’assurance dommage, 8 sociétés d’assurance de personne, 2 sociétés Takaful, une société centrale de réassurance, une société spécialisée d’assurance-crédit à l’exportation. Concernant le statut, on a des sociétés publiques et 8 sociétés privées, deux mutuelles d’assurance, cinq sociétés créées en partenariat avec des partenaires ou des groupes étrangers. Au niveau de la diversification du réseau de distribution, actuellement, le marché des assurances fait appel à un réseau d’agences directes, c’est-à-dire des agences qui appartiennent à des sociétés d’assurance, soit 1183 agences. On a des agents généraux d’assurance, c’est-à-dire des opérateurs privés qui mettent à la disposition des compagnies leur expérience et leur compétence pour distribuer les produits d’assurance. Ils sont au nombre de 2000. On a un autre type de distribution : les courtiers d’assurance au nombre de 57 plus un réseau d’agences bancaires qui activent dans le cadre de la bancassurance. Il y a aussi un réseau de la mutualité agricole, la CNMA, qui compte 60 caisses régionales et 558 bureaux locaux qui distribuent les produits d’assurance », précise Kamel Marami.

L’objectif, entre autres, de la nouvelle réforme des assurances est justement d’améliorer ce taux de pénétration. Il s’agit d’améliorer l’inclusion financière. Justement, l’avant-projet de loi sur les assurances qui doit être adopté prochainement en conseil des ministres prévoit, justement, a ajouté Kamel Marami, l’introduction de la micro-assurance, l’introduction de la vente des produits d’assurance en ligne en vue de favoriser la digitalisation du secteur des assurances, l’obligation pour les sociétés privées de souscrire à une police d’assurance contre l’incendie. Cette dernière était appliquée uniquement pour le secteur public.

K.R.

North Africa Energy & Hydrogen Exhibition and Conference
Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité