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Michel Bisac, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Algéro – Française (CCIAF) à Algérie-Invest

« …La présence construit le réseau, le réseau forge la confiance et la confiance apporte les affaires… »

Propos recueillis par Youcef Maallemi

Algerieinvest : Pouvez-vous nous présenter la Chambre de Commerce et d’Industrie Algéro-Française (CCIAF), ses missions et ses principaux objectifs ?

Michel BISAC : La Chambre de Commerce et d’Industrie Algéro-Française, CCIAF est une association étrangère de droit algérien agréée par le ministère de l’Intérieur algérien en février 2011. Elle a pour mission statutaire de favoriser et de  développer les relations industrielles et commerciales entre entreprises de nos deux pays. La CCIAF compte aujourd’hui près de 2 000 entreprises françaises et algériennes. Elle est présente dans cinq régions d’Algérie (Oran, Annaba, Sétif, Béjaia et Constantine) et emploie 30 collaborateurs. Elle ne reçoit aucune subvention et vit des cotisations de ses membres et de ses activités. Nous accompagnons concrètement les entreprises dans la connaissance du contexte économique, dans l’identification des opportunités et surtout dans l’information sur le cadre réglementaire. Nous travaillons également à la mise en relations qualifiées avec des partenaires industriels ou commerciaux des deux pays. Nous développons par ailleurs des actions de formation sur les métiers de l’entreprise pour le personnel de nos membres, et une série de services pratiques que nous offrons à nos adhérents (avantages tarifaires, mise à disposition d’espaces de réunions, etc.)

Vous avez été élu en septembre 2018 au poste de président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Algéro-Française (CCIAF), quel bilan tirez-vous de vos deux années d’exercice ?

Malgré les deux crises que nous avons vécues  (celle de 2019 et celle aujourd’hui du Covid 19), ces deux années ont été denses en activités. Avec les équipes de la Chambre, nous avons travaillé sur deux axes : le premier est de consolider le lien que la CCIAF a avec les différents intervenants du commerce extérieur en France (Syndicats, clusters, CCI de France, BCI, Business France, etc..) ; nous avons aujourd’hui un réseau de partenaires avec qui nous travaillons pour promouvoir la destination Algérie. Nous organisons régulièrement des réunions d’information et de sensibilisation sur l’évolution du marché sur les opportunités existantes et sur l’environnement réglementaire. Début 2020 la CCIAF a été référencée comme partenaire de la Team France Export pour l’accompagnement des entreprises françaises dans l’implantation en Algérie. C’est une mission importante que nous comptons beaucoup promouvoir. Le deuxième axe a consisté à développer l’interactivité au sein de la communauté de nos membres. Nous avons ainsi créé le service Hna fi Hna (des adhérents aux adhérents) qui permet à un adhérent de trouver un fournisseur ou un prestataire parmi les membres de la Chambre. Nous avons aussi développé les services Validexport qui accompagne nos adhérents algériens dans la recherche de nouveaux marchés export en France et nous venons de lancer Djisroukoum (Votre passerelle), un service de recherche de partenaires industriels. Bien entendu, durant ces deux dernières années il y a eu également, nos activités habituelles, nos rencontres sur l’industrie pétrolière, les rencontres de l’industrie pharmaceutique et celles sur l’agriculture. Plus de 600 entreprises françaises ont été accompagnées en Algérie ces deux dernières années par la CCIAF. J’invite vos lecteurs à télécharger notre application CCIAF. Ils pourront ainsi suivre nos activités et se tenir informés des nouvelles dispositions réglementaires.

Plusieurs projets ont été concrétisés en activité en 2020/2021, pouvez-vous nous en citer quelques-uns ?

J’aimerai surtout vous parler de la diversification de la présence des entreprises françaises en Algérie. De la pharmacie avec Ipsen, Pierre Fabre et Sanofi, à l’industrie agroalimentaire, avec Lactalis, Danone, Castel, Fromagerie Bel, Lesieur, en passant par Renault et bientôt Peugeot, Renault Trucks mais aussi dans l’électricité avec Schneider et Legrand ; les services avec BNP Paribas El Djazair, Société Générale Algérie, CMA CGM, AXA, dans le tourisme avec Accor et bien d’autres PME/PMI qui ont investi et développent leurs activités en Algérie. L’investissement des entreprises françaises en Algérie est une réalité. Les 400 entreprises présentes font partie du paysage économique comme l’a rappelé le Président Abdelmadjid Tebboune. Elles sont solidaires et actives dans le développement du pays. Bien entendu ce n’est jamais suffisant et nous devons travailler avec toutes les parties concernées pour accroitre le nombre de ces investissements. Je suis convaincu qu’avec les nouvelles dispositions et la nouvelle dynamique promues par les autorités algériennes, nous aurons de nouvelles recrues dans les prochains mois.

Estimez-vous que l’abrogation de la règle 49/51sera le prélude à davantage d’investisseurs français en Algérie ?

Oui, je suis persuadé qu’il y a une réelle volonté des autorités et en particulier du Président Abdelmadjid Tebboune d’ouvrir l’économie et l’investissement en Algérie. Bien entendu, cette ouverture se fait sur un principe d’équilibre et de préservation des intérêts et cela est normal. Les choses sont en train de se mettre en place et les signaux sont positifs.  Nous pensons à la Chambre que le recours à un partenaire local – dans les conditions qui agréent les deux parties – reste un facteur de confort, de réussite du projet et surtout une garantie de transfert de savoir-faire. Cependant il faut trouver le bon partenaire, celui qui s’inscrit dans une dynamique collaborative et industrielle à moyen / long terme. Ce profil existe parmi nos adhérents dont plusieurs d’entre eux répondent à ces critères, et la CCIAF est là pour accompagner l’entreprise française dans cette recherche du bon partenaire.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du climat des affaires en Algérie ?

Au-delà de mes fonctions de Président de la CCIAF, je dirige une entreprise en Algérie que j’ai créées il y a une quinzaine d’année. J’ai donc investi de l’argent dans ce pays et je crois aux  potentialités et opportunités qu’il présente. Comme dans tous les pays, le climat des affaires est une donnée que l’on intègre, et qui, en définitive a un coût. Il n’y a pas de doutes sur l’engagement des autorités dans l’amélioration du climat des affaires, mais l’application sur le terrain prend un peu de temps dans le contexte actuel qui n’est pas facile. Il faut être patient et savoir valoriser les opportunités.

Que conseillez-vous à l’entrepreneur français intéressé par l’investissement en Algérie ?

D’abord bien s’informer sur le contexte réglementaire et surtout respecter la loi. L’investissement en Algérie n’est ni plus compliqué, ni plus facile qu’ailleurs ; il faut impérativement prendre le temps de construire son projet d’investissement en mesurant les avantages et contraintes du terrain.  Encore une fois, les besoins de ce pays sont importants ; les opportunités sont bien réelles, mais il faut faire l’effort de s’adapter, de comprendre et de s’impliquer. En définitive, la clé de compréhension de ce pays est assez simple : « la présence construit le réseau, le réseau forge la confiance et la confiance apporte les affaires ».

 

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