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Coopération AFD-ministère de l’industrie Mme Sophie Aubert : «20 millions d’euros pour Ecovertec, un projet d’appui à l’économie verte et circulaire»

A la tête de l’AFD depuis deux ans, Mme Aubert, est diplomate. Elle a un parcours professionnel essentiellement tourné vers l’international. En Amérique latine, en Afrique, en Asie et ailleurs, elle a travaillé sur des sujets qui incluent le développement. En Algérie, l’AFD intervient dans les domaines de la transition énergétique, la transition écologique et territoriale, l’économie verte et circulaire, ainsi que la thématique du numérique.

Entretien réalisé par : Nadine Achour

Algerieinvest : Quels sont vos domaines d’intervention en Algérie ?

Mme Sophie Aubert : Nos grands domaines d’intervention sont: la transition énergétique, la transition écologique et territoriale, la diversification économique, l’économie circulaire et la thématique du numérique.  

Pour la transition énergétique, nous accompagnons un travail de recherche et de production de connaissances sur la thématique de modélisation des scénarios de transition énergétique, à horizon 2050, avec le ministère de l’Energie et des Mines. Nous sommes engagés depuis 3 ans. Nous avons aussi un travail avec le ministère de la Transition énergétique qui a pour objectif l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre. Egalement, un travail en cours sur l’hybridation des centrales thermiques du grand Sud, avec la SKTM. D’autres projets sont en préparation.

Sur la transition écologique et territoriale, nous avons un projet avec l’entreprise du métro d’Alger, à la demande du ministère des Transports. Il est en voie d’achèvement. Nous avons travaillé ensemble sur une esquisse de pôle d’échange multimodal.

Nous avons aussi la coopération avec le ministère de l’Intérieur sur la formation des cadres des collectivités territoriales. Elle touche plusieurs domaines dont la valorisation et la gestion du patrimoine local.

Qu’en est-il du soutien à la diversification économique ?

Sur la diversification économique, nous, en tant qu’agence, nous travaillons avec l’ONUDI (Organisation des nations unies pour le développement industriel) sur un projet qui s’appelle Ecovertec. C’est un projet d’appui à l’économie verte et circulaire avec le ministère de l’industrie. Financé à hauteur de 20 millions euros par l’Union Européenne, il va être mis en œuvre au bénéfice immédiat du ministère de l’Industrie.

Son objectif est d’appuyer l’Algérie dans sa volonté de diversification économique, en favorisant un écosystème qui va permettre le développement de l’économie circulaire de façon générale.

Nous visons les entreprises, TPE, PME, entreprises d’économie sociale et solidaire, ça peut être aussi des ONG qui s’engagent sur cette thématique. Mais pas seulement. Nous visons aussi toutes les structures d’accompagnement. Ça peut être d’accompagnement en expertise, par exemple les pépinières, les incubateurs et les startups, ou bien l’accompagnement en terme financier ; établissement bancaire, établissement de garantie.

Nous allons structurer, avec le ministère de l’Industrie, un bureau économie verte, composé d’une dizaine d’experts. Il va y avoir des appels à candidatures, ce seront les experts qui proposeront leurs candidatures et qui seront retenus par un bureau de recrutement.

Il pourra y avoir des algériens, des français, nous espérons qu’il y ait des algériens et des français, et d’autres nationalités. Dans ce bureau, il y aura également des agents de l’agence pour la promotion de l’investissement de la PME en Algérie. Cette équipe du bureau vert aura pour mission de mettre en œuvre l’action que je viens de vous résumer en direction des entreprises et des structures d’accompagnement. Concrètement, cela veut dire que nous allons soutenir le bureau économie verte pour engager des initiatives de sensibilisation, d’information et de formation, en direction du public à travers les chambres de commerce, les antennes des PME à travers le pays, à travers les centres de conseil et de formation, qui sont dans les différentes wilayas.

Quand allez-vous faire appel aux candidatures ?

Là, avec l’ONUDI, nous avons commencé la phase de recrutement des experts. Ça va monter en puissance progressivement. J’espère qu’on pourra faire d’ici septembre une sorte de lancement officiel, avec l’équipe constituée du bureau vert, qui a déjà commencé à réfléchir. Nous sommes en phase de structuration puisque les conventions ont été signées, donc je dirai qu’à la rentrée de septembre.

Donc, après cette phase de sensibilisation, il y aura une phase qui consistera à sélectionner des dossiers de projets pour des propositions qui sont faites. On appelle ça soit des hakathons, soit des appels à projets, qui vont permettre d’identifier des projets. Les projets sélectionnés seront accompagnés par le bureau d’économie verte pour structurer un business plan, les accompagner sur la partie financement. Dans le projet, nous envisageons des enveloppes de subventions qui vont permettre de donner la première impulsion mais l’idée, c’est également d’accompagner ces projets d’entreprises dans leurs démarches en direction des banques et des fonds de garantie. C’est pour cette raison que sera également conduite une action en direction des banques et des structures de garantie pour renforcer, asseoir la connaissance.

 Ce n’est pas un projet d’économie circulaire selon les mêmes indicateurs et les mêmes critères qu’on apprécierait dans un autre projet. Donc, il y a toute cette dimension formation qui est également envisagée dans le projet de manière à ce que les établissements bancaires et financiers, au sens large, soient sensibilisés quand un projet leur est soumis et que les bonnes compétences et les bons critères pour les apprécier et les financer sont identifiés. Et puis après, il y a tout le travail de suivi du projet puisque l’idée est de s’inscrire dans la durée. Notre mission, va être d’accompagner ce bureau d’économie vert pendant un certain nombre d’années. Un projet dure quatre ans. L’idée est qu’ensuite, cette structure n’ait plus besoin d’appui et qu’elle devienne autonome dans son action, qu’elle soit ancrée dans le paysage. C’est pour cela qu’au début, je disais que notre objectif principal et général, c’est d’appuyer l’Algérie dans la diversification économique à travers la création d’un système favorable à l’économie circulaire. Dans cet écosystème, il y a le bureau vert qui est la pièce-maîtresse mais l’idée, c’est qu’en suite, ça dépasse le bureau économie vert. C’est ça le projet.

Et votre travail avec la société civile ?

J’espère d’abord qu’on aura des entreprises d’économie sociale et solidaire, ainsi que des organisations de la société civile qui seront intéressées par ce projet d’économie verte. En effet, l’AFD a également des projets d’appui à la société civile. Ce sont des projets qui ont obtenu des financements à travers les guichets divers de l’agence et qui sont plutôt gérés par le siège de l’AFD qui est à Paris. Nous avons un guichet qui s’appelle «Guichet ONG».

Pas mal de projets sont présentés au niveau de ce guichet, associant des ONG françaises et des ONG algériennes, dans des domaines très larges. Nous avons, par exemple, des projets soutenus par des associations qui travaillent dans le domaine de l’agro-écologie.

D’autres projets avec les institutions du pays ?

Nous sommes en train d’achever un partenariat avec le ministère des Ressources en eau sur la formation de ses opérateurs dans les métiers relatifs à l’eau. Aussi, nous appuyons l’Institut algérien des hautes études financières dans la définition d’un répertoire des métiers bancaires.

Quel bilan faites-vous des activités de l’AFD, 80 ans depuis son existence ?

Il faudrait remonter loin. Pendant la seconde guerre mondiale, l’AFD était l’équivalent d’une banque centrale pour la résistance française. Son siège a été transformé à Alger pendant une année (1943-1944). On retiendra qu’officiellement, l’agence s’est ouverte à Alger après l’indépendance, en 1968. Depuis, elle est désignée sous divers noms, l’avant dernier est la CFD (Caisse française de développement) avant qu’elle ne devienne l’AFD en 1998.

Si on fait le bilan depuis 1968, nous dirons que les montants sont importants. On est à plus d’un milliard d’euros. On est sur de gros montants. Des montants mobilisés sous forme de prêts ou de subventions, notamment pour les secteurs industriels et les services.

N. A.

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